...Et puis un bogue géant a brutalement bouleversé la vie d'Enzo, la mettant en péril, le contraignant à faire le voyage vers une destinée inconnue.

Ce roman s'inspire d'une histoire vécue et de faits historiques notoires. Sur un fond de sentiments extrêmes et de rémanences souvent anciennes, se dessinent le drame, la tendresse et l'émotion, en plein cœur d'Alger. Le vent d'ouest vous emporte et des images brûlantes vous persécutent. Enzo traîne l'Algérie dans sa tête et deux femmes dans sa conscience... L'essentiel du récit se déroule en Algérie, et dans l'Aude, en deux mille cinq. Il révèle la plupart des maux qui ont fait mourir la société coloniale et ceux qui minent le pays aujourd'hui.

Qu'est-ce que le bonheur, si rare, si fragile ?

A quoi ressemble l'avenir pour un homme qui se cherche dans toutes les directions, malgré l'angoisse, la haine et le désespoir ?

Yakouren est un village kabyle situé à huit cent soixante cinq mètres d’altitude, aux premiers contreforts du Djurdjura.

Mes souvenirs d’enfance me ramènent aux excursions et aux colonies de vacances à Yakouren. Dieu que cette Algérie me colle à la peau ! C’est une union que l’existence a voulue indéfectible, une alliance viscérale, profondément charnelle. Mais je l’aime sans fougue, sans l’ardente aliénation du passionné. Bien qu’étant un enfant de ce merveilleux pays, je reste délibérément en deçà des relations confondues, savantes et analytiques prodiguées par les voyageurs épris ou les grands visiteurs illustres.

D’histoire en histoire, les personnages de ce livre s’insèrent dans un vaste mouvement qui, des circonstances extérieures appelées à lancer l’intrigue, les ramène au centre d’eux-mêmes, au cœur de Yakouren. Je préciserais que l’arbre de Yakouren est une donnée essentielle qui agence la nature même de ce roman, son orientation générale, son atmosphère, sa turbulence. Une attirance clandestine me lie aux arbres, ces vieux courtisans. J'apprécie fébrilement leur vigueur et leur longévité, leurs secrets et leurs colorations. J’ai vainement cherché à percer leurs impénétrables secrets.

J’aime l’Algérie parce que l’Algérie est aimée par les littérateurs. J’aime l’Algérie au point de rêver de pouvoir faire mon lit dans la langue des Amazighs. A quatorze ans, j’avais toujours l’Afrique et l’Algérie dans mon cartable. Dans mon ploum, petit sac à cordon coulissant qui ne me quittait jamais, je trimbalais ma bibliothèque. Camus, Robles, Féraoun, Jules Roy, Dib étaient mes idoles. Il suffisait qu'apparaisse le mot « Algérie » dans un livre pour que je l'estime digne d'être dans mon sac. La familiarité sincère, ancestrale avec ce pays et l’exultation riche en résonances les plus diverses que je ressens, tentent de combler un vide affectif qui m’habite inéluctablement.

Puisant toujours à la source de mon Maghreb natal, mon terreau romanesque, pour exprimer le difficile rapport à l'autre, je constate qu’un trouble intime perdure, comme une nébuleuse imprécise collée à ma tête.

Ce livre n’est pas un livre, c’est une exhortation. Un mal sourd, celui des exils, des déchirements, des déracinements. La douleur de ces destins croisés que porte en elle l’Algérie des années passées, dont le deuil est impossible.

Petit garçon et adolescent, petit héros habillé d’un destin trop grand pour lui, Marco vit dans son quotidien les peurs et les angoisses suscitées par les « évènements » d’Algérie.

Loin des délires littéraires ou aberrations historiques, il se place au bord de la biographie romanesque dont les péripéties servent à inscrire le récit dans le courant de l’histoire de l’Algérie et qui dit comment une grande partie de la jeunesse algéroise s’est construite, entre ombres et lumières. La première victime d’une guerre, c’est la vérité et à l’heure où les médias conditionnent l’opinion générale, Marco trempe sa plume dans l'encre de la sincérité pour livrer un témoignage nu de toutes pollutions malsaines. Ce récit vient enrichir une mémoire collective destinée à être transmise utilement aux générations futures, avec l’envie de la perpétuer.

Marco fait ses gammes sur l’Histoire, pour en éclairer les coulisses et en dénoncer les impostures. Verve lucide et décapante qui permet, justement, aux péripéties de batifoler dans le récit. Avec sa manière de débusquer les démons sous les cendres d’une époque où la nuit tombe, il écrit avec les restes des siens, ce grand peuple d’Algérie : les Kabyles, les « Pieds-noirs » et les Arabes, si honteusement manipulés, si douloureusement éprouvés, si émouvants et combien attachants. C’est aussi une façon d’afficher la transparence du moment aux lecteurs - avec naïveté et sans prétention – chronique souriante, grave et pétillante, qui aime le verbe et s’amuse d’épigramme. Parfois, lorsque les Cagayous versent dans le noir ironique, ils se débrouillent toujours pour faire rire. Une façon d’atténuer la douleur du monde. Montrer l’ineffable grâce naturelle et sauvage de l’Algérie bleue pour mieux faire saillir l’horreur de son sort. Le petit bout de la lorgnette se veut attachant et familier, pour mieux happer l’individu dans sa complexité.

Mettez-y les yeux.

Les lecteurs de  Lucie & Leila  retrouveront ici Enzo Bartolini, Leila, la petite Lucie, le papet Doménico et sa compagne Nora. Et tout le clan Enzo  : Khader, Nadia, le petit Farid, Ahmed et Lahcène de Bordj-el-Kiffan.

Non pas qu’il s’agisse d’une suite ou d’un épilogue lié à l’histoire vécue que je racontais il y a trois ans, mais ce que rapporte d'authentique et sûrement de bouleversant, le drame du couple Hernandez, ami des Bartolini.

C’est l’histoire d’une crise qui se déroule en quelques semaines et qui s’enfonce profondément dans le passé tragique et le présent schizophrénique de l’Algérie.

Alors que la France est malade de l’Algérie, une vague patiente, déferle depuis près d’un demi-siècle au-dedans de ce grand corps malade qu’est l’ancienne colonie française.

Faute de psychanalyse, ce pays est malade de son école, de son tourisme, de son université, de ses hôpitaux, de son pétrole, de son gaz, de sa violence, de son unique chaîne de télévision, des pénuries, des islamistes, de la répression, de son passé bouc-émissaire, de son Histoire, de ses dirigeants. Construire l’échec est la seule entreprise qui ait bien fonctionné depuis l’indépendance.

Le peuple algérien est sous tutelle. Il n’a jamais eu d’autonomie intellectuelle. Après tous les ratés du pouvoir dans les domaines politique, économique et social, la solution consistera it, semble-t-il, en une alternative démocratique véritable qui déclencherait une nouvelle dynamique politique capable de redonner l’espoir. Les hommes et les femmes de grande valeur que ce pays a enfantés (notamment les Kabyles) ont été mis sous éteignoir, en exil, assassinés ou écartés des postes de responsabilité. Et tous ces jeunes qui veulent eux aussi s’impliquer, que ce soit au niveau des institutions politiques ou dans d’autres domaines ? Quand pourront-ils prendre leur destinée en main, dans un pays où le pouvoir s’entête à vouloir faire du neuf avec du vieux ?

Il y a dans cet ouvrage deux histoires. L’une est réelle et saisissante, l’autre est une parodie satirique et philosophique. D’abord pôles opposés, les deux histoires se croisent, puis se tressent jusqu’à la fusion ; un puzzle fait d’intrigues qui mêlent destin, politique, amour, chagrin, rêves et mille autres choses que l’on porte sur ses épaules.

Le roman s’ouvre sur les fantômes de trois illustres personnages dotés d’une imagination surdéveloppée qui déborde dans le réel. Ils déboulent dans le décor réaliste et quotidien du docteur Hervé Mancini, ami du Président Alphoméga Kadorsky. Les personnages évoluent dans un monde onirique qui se mêle à l’actualité française et planétaire de l’année 2009. C’est aussi l’histoire bouillonnante en rebondissements de deux frères au destin tragique et mystérieux, qui nous happe sur fond d’évènements politico-sociétals.

Moi qui ai toujours puisé à la source de mon Maghreb natal, mon terreau romanesque, j’ai éprouvé une immense joie à écrire ce livre. C’est à la demande de Mustapha KHADRI, le benjamin de la famille, que j’ai accepté de prêter ma plume à Aïcha, sa maman.

Il s’agit d’un récit nourri de souvenirs algériens liés à son enfance et à sa jeunesse, mais également de tous les épisodes heureux ou malheureux qui ont suivi, en terre de France. Cette vieille et belle mémoire traduit la familiarité sincère, ancestrale avec le pays de ses racines et l’exultation riche en résonances les plus diverses suscitées par la terre d’accueil. Pour le confort du lecteur, j’ai écrit cet ouvrage en utilisant des repères chronologiques et iconographiques qui constituent des jalons, des dates charnières. J’ai essayé de peindre tous les temps de cette vie riche en péripéties heureuses ou dramatiques en utilisant une palette de couleurs claires et joyeuses.

Mais l’on ne pouvait raconter cette histoire liée à Gouraya et au village de Cailhau, sans mentionner les deux autres grandes familles originaires de Larioudrenne qui sont venues enrichir la vie de ce territoire du Razès.

Ce sont les familles Khadir et Benabdellaziz, premières arrivées en France. Je dois également remercier Cherifa Khadir, Nora Khadir, Zohra Khadir de Lavelanet, Khedidja et Ali Benabdellaziz, ainsi que tous les descendants Khadri, Khadir et Benabdellaziz de Belvèze du Razes qui nous ont fourni de précieux témoignages afin d’enrichir les différents chapitres de l’ouvrage avec une assurance d’authenticité totale.

Naturellement, cet ouvrage est aussi un hommage à tous les anciens harkis. Les strates qui composent la personnalité de ces exilés perpétuels ne se sont pas superposées. Elles se sont ajoutées. Il s’agit de la culture française qui est venue se poser à côté de la première, héritée pour la plupart de leurs origines berbères.

Encore un mot, concernant nos frères harkis : comme je l’ai toujours indiqué dans mes différents ouvrages et comme le pensent aujourd’hui des millions de Français, la France s’est mal comportée à leur égard, car les plus hautes autorités de l’Etat de cette époque ont entravé le véritable sauvetage des harkis. Ces hommes sont considérés, à juste titre, comme les combattants parmi les plus valeureux que notre pays ait jamais eus.

J'avais le désir d'écrire ce livre et m'y suis préparé longtemps avant, mais je n'en ai pas seul rassemblé la matière. Cet ouvrage qui se nourrit essentiellement de témoignages sur la vie de tous les jours du peintre dans sa région natale, est issu d'une véritable gestation collective.

Un homme, Michel Pawlak, Marthe son épouse, leur fils Joseph, ont tous trois côtoyé et par conséquent vécu auprès d'Achille Laugé, de 1930 jusqu'à sa mort en 1944. Au fil du temps, j'ai, au gré des témoignages rapportés, glané et noté une multitude de faits et anecdotes concernant les quinze dernières années de la vie du maître.

Mon épouse Jeanne, fille de Marthe, est née à « l'Alouette » la maison d'Achille Laugé. Elle qui connaît parfaitement les lieux et le contexte ambiant, m'a également aidé dans cette entreprise. J'associe également Anny Laugé, l'arrière petite fille du peintre, qui a rapporté des souvenirs transmis par ses grands-tantes Jeanne et Juliette, mais aussi par son grand-père Pierre Laugé, ainsi que son père Jacques.

Marthe, qui était la doyenne de Cailhau, vient de nous quitter a l'âge de 104 ans. Elle et son fils Joseph me parlaient toujours du peintre avec affection et exaltation.