Histoire de Cailhau dans l'Aude
RETOUR
Site créé en 2003

Par Mario FERRISI

Auteur - Romancier - Poète - Biographe - Conférencier

Sociétaire de l'Académie des Arts et des Sciences de Carcassonne

Chapitre I

CAILHAU, vient de Caillou en langue Occitane. Un caillou sur lequel a été construit ce village de forme circulaire, , maison aprés maison durant plus d'un millénaire...La plus ancienne mention de ce lieu, figure dans les actes de l'Archevêché de Narbonne en l'an 779. Situé dans le Bas Razes, appelé jadis "Haut Moyen Age".Dans un de ces actes, il est fait mention d'un jugement dépossédant d'une villa sise à Cailhau prés de la Malepère, le Comte Milon de Narbonne, au profit de l'Archevêque Daniel, de Narbonne.Un héritage spirituel et materiel qu'il étendit à tout le Razes et ses habitants, entièrement soumis à l'église de Narbonne. Ans 779 - 791 -

Auparavant, avant l'an 759, le Razes accueillit les Archevêques qui s'étaient enfuis de Narbonne, chassés par les Sarrazins. Au départ de l'envahisseur de Septimanie, et le retour de l'archevêché à Narbonne, le Razes conserva le titre de Comté.Succéssivement, les comtes du Razes qui prétèrent serment à Charles le Chauve (petit fils de Charlemagne), furent : Raimon comte de toulouse - puis Bernard également comte de toulouse, mais qui fut "comte provincial", car OlibaII et Acfred son frère, étaient Comtes par indivis de Carcassonne et de Razes. Plutard, le Comté du Razes passa dans la maison de Carcassonne, y resta et s'éteignit. La fin de ce premier millénaire voit la Cure de Cailhau s'unir à l'Abbaye de Montolieu, comme la plupart des communes du "Haut Moyen âge" (Brezilhac, Gramazie, etc...).

Vers 1191, les Chevaliers de Cailhau (dont Guilhem et Raimon)se rendent à Sauzens, pour jurer fidélité à Trencavel, Comte de Carcassonne.

Au XIIIeme siècle et jusqu'au XVIIIeme,Cailhau eu nombre Seigneurs et Chevaliers : vers 1220, Robert de Cailhau, Dame Na Cavaers co-seigneieuresse de Fangeaux et qui avait des sympathies pour l'hérésie cathare, François de Malhaurens (XVeme), etc...Précisemment, aprés 1560 et durant les guerres de religion, les protestants se rassemblent dans notre region, Cailhau, Alet, Bruga irolles, sont occupés. Laviston, Gouverneur de Carcassonne chasse les protestants de Carcassonne, du Cabardes et du Lauragais. Il accorda son aide au Consul de Limoux et contribua à délivrer Cailhau, Alet et quelques autres places en 1575. En 158O, la guerre recommence, et la region demeure dans la tourmente. En 1586, le Vicomte de Mirepoix s'installe à Cailhau. Montréal est assiégé et Brugairolles brûle en 1588. Henri IV abjure le Protestantisme en 1593, il demeure Roi de France.

C'est donc au moyen âge que les premières habitations virent le jour à CAILHAU, probablement autour de l'habitat seigneurial primitif, là même où se trouvent les ruines d'un moulin à vent (La motte) au point le plus haut du village. Ce moulin est bâti sur une colline de grés dans laquelle ont été taillés des silos à grains, certain muré, d'autres visibles. A l'emplacement de l'Eglise, une forteresse située à l'extreme Nord-ouest, reliée au moulin par quelques maisons perchées. Cet édifice et habitats étaient protégés à leur pied, par des fossés remplis d'eau. L'eglise actuelle a été intégrée dans cette forteresse.

L'évêque Dalmace consacra l'autel de notre paroisse en l'an 1088. Le Clocher faisant partie de la forteresse, date du XIII eme. La guerite (égauchette) a été construite en briques rouges au XVIIIeme, dans l'esprit de l'ancien chateau fort. L'église a été maintes fois endommagée, réparée, interieur, exterieur et clocher raffistolé...Au XIX eme l'interieur a été tranformé en Gothique, et crées les chapelles latérales. La porte a été reconstituée à partir d'éléments déplacés, en vrai Ghotique, du XIV eme siècle. La flèche verte du clocher date de 1925. Quant aux Cloches, il en est une qui date du XVI eme siècle et qui est classée au titre des Monuments Historiques. Signalons que le Clocher en entier, a été magnifiquement restauré en 2002, à l'heureuse initiative du conseil municipal et du maire Pierre CARATGE. Sur le Parvis de l'église se trouve une croix en pierre datée de 1645.

En deçà de ce que l'on peut appeler la "calote" de la cité, le chemin du tour des fossés, avec la porta Aquaria (le porche) et le chemin de la Terrasse où des constructions apparurent et de nouveaux fossés dissuasifs installés. Plus bas encore, le chemin de la Fontaine, qui ceinture le village au niveau le plus étendu, des puits et jardins.

Au début XXeme siecle, à Cailhau, l'école publique était mixte (une classe pour les grands et une pour les petits). Il existait également une école privée, située Grande rue, maison appartenant aujourdhui à Marthe GUY (Pawlak). Cette école fut fermée vers 1958 . par décision de Mgr Puech, évêque de Carcassonne. Se succédèrent comme enseignantes, Melle Julie,Melle Gazel,Mme Dousse. L'école communale ferma ses portes en 1991. Se succédèrent comme enseignants : le couple SIRE, Mme FABRE, etc...


Demeures/Domaines/Fermes du village :

" Le Chateau" : Grande demeure à proximité du porche (porte Aiguière). La Baronne Detours en fut propriétaire. Cette belle demeure est aujourd'hui la propriété de Mme et Mr Saigne.

"Le Domaine de l'Horte" (l'Orte au XVIIIeme) propriété pendant plus d'un siècle de Neltner, récemment vendu - mais habité; entretenu et travaillé par la famille Ragnière, depuis plus de 80 ans, André Ragnière y était récemment encore présent.

"Notre Dame des Prés" aujourdhui propriété de la famille Escalier, cette chapelle vouée à la vierge s'appelait Notre Dame de Grâce. Elle fut en 1572 pillée, brûlée et détruite. Durant des siècles les populations se mobilisèrent en faveur de sa reconstruction, depuis la confrérie "Notre Dame du Mont Carmel en 1636, puis Mr Faure, curé de Cailhau en 1791, Mr Gaydal curé de Cailhau en 1902 et enfin l'Abbé Bonnet à l'origine d'une souscription qui permit en 1939 de restaurer la voûte et la toiture. Une messe y est célébrée une fois par an.


" L'Alouette"(ancienne demeure d'Achille Laugé) propriété de son arrière petite fille Anny Laugé-Cénéda - Bade - Coutaud - Fouasse - La Gardie - La Métairie des prés (1781) - La Plaine - Le vern
et (1807) - Monède (Monnoye 1781) famille Detours - Mondo 1773 - Montpénédy - Poubeille 1773

 

LA PORTE AGUARIA

Cette porte constitue l'un des principaux vestiges des anciennes fortifications médiévales du village.

Origine du nom

Le nom Porta Aquaria est d'origine latine et signifie littéralement « porte de l'eau ». En occitan, elle est devenue Pòrta Aguièra (« aguièra » étant lié à l'eau). Cette appellation indique que cette porte ouvrait probablement vers une source, un puits, un ruisseau ou les terres où les habitants allaient chercher l'eau.

Un village fortifié

Cailhau est un village d'origine médiévale construit selon un plan circulaire, caractéristique des villages fortifiés du Razès. Dès le XIIᵉ siècle, le bourg est entouré de remparts percés de plusieurs portes permettant de contrôler les accès.

La Porte Aguière était l'une de ces entrées. Elle avait une double fonction :

  • protéger le village en période d'insécurité ;

  • contrôler les entrées et sorties des habitants, des voyageurs et des marchandises.

Architecture

Aujourd'hui, la porte a été remaniée au fil des siècles, mais elle conserve encore son implantation médiévale. Elle s'intégrait autrefois dans un système défensif comprenant :

  • des remparts ;

  • des fossés ;

  • probablement une porte en bois renforcée ;

  • un passage voûté.

Comme beaucoup de petites portes castrales du Languedoc, elle n'avait pas le caractère monumental des portes urbaines des grandes cités, mais répondait avant tout à des besoins défensifs.

Le rôle de l'eau

Son nom laisse penser qu'elle conduisait directement vers les points d'approvisionnement en eau. Au Moyen Âge, l'accès à l'eau était essentiel, notamment lors des sièges. Les habitants empruntaient cette porte pour rejoindre les sources ou les zones de culture situées hors des remparts.

Cailhau au Moyen Âge

Le village est mentionné dès le VIIIᵉ siècle dans les archives. Au XIIᵉ siècle, les seigneurs de Cailhau apparaissent dans plusieurs chartes de la région. Le bourg appartenait au pays du Razès, territoire situé entre Carcassonne et Limoux, qui fut marqué par les conflits liés à la croisade contre les Albigeois au début du XIIIᵉ siècle.

Un patrimoine encore visible

La Porte Aguière est aujourd'hui considérée comme l'un des symboles du patrimoine de Cailhau. Elle témoigne de l'organisation défensive des villages languedociens et rappelle l'importance de

l'eau dans la vie quotidienne médiévale

 

L'histoire des remparts de Cailhau

L'histoire des remparts de Cailhau est intimement liée à la naissance du village, construit selon un plan de circulade, c'est-à-dire un habitat organisé en cercles concentriques autour d'un point fortifié central.

Les origines (VIIIᵉ–XIᵉ siècles)

La plus ancienne mention connue de Cailhau date de 779, dans un acte de l'archevêché de Narbonne. À cette époque, il s'agit probablement d'une villa rurale plutôt que d'un village fortifié.

À partir des XIᵉ et XIIᵉ siècles, dans un contexte d'insécurité féodale, l'habitat se regroupe progressivement autour d'une hauteur naturelle appelée la Motte. Les maisons sont construites les unes contre les autres, leurs murs extérieurs participant eux-mêmes à la défense du village.

La création des remparts

Entre le XIIᵉ et le XIIIᵉ siècle, Cailhau se dote d'une véritable enceinte défensive.

Elle était constituée :

  • d'un mur de pierre entourant le village ;

  • d'un chemin de ronde ;

  • de fossés extérieurs à certains endroits ;

  • de plusieurs portes permettant de contrôler les accès.

Ces fortifications répondaient aux troubles de l'époque : guerres seigneuriales, brigandage, puis la croisade contre les Albigeois (1209-1229), qui toucha durement le Razès et le Carcassonnais.

Les portes du village

Les archives et la tradition locale évoquent plusieurs accès dans les remparts.

La plus connue est la Porta Aquaria (Porte Aguière), la « porte de l'eau », qui conduisait vers les sources et les terres cultivées.

Les autres portes ont disparu ou ont été profondément transformées au fil des siècles. Beaucoup ont été intégrées aux habitations lors de l'agrandissement du village.

Les fossés

À l'extérieur des remparts se trouvaient des fossés destinés à ralentir un éventuel assaillant.

Fait intéressant, le cadastre napoléonien de 1809 montre encore le tracé de ces anciens fossés médiévaux, alors même que leur fonction défensive avait disparu depuis longtemps. Ils avaient été réutilisés comme jardins, chemins ou parcelles agricoles.

La disparition progressive des fortifications

À partir du XVIIᵉ siècle, les remparts perdent toute utilité militaire.

La population augmente et les habitants ont besoin de nouvelles habitations. Peu à peu :

  • certaines portions des murailles sont démolies ;

  • d'autres servent de murs porteurs pour les maisons ;

  • les fossés sont comblés ;

  • les portes deviennent des passages ordinaires.

Ce phénomène est très courant dans les villages fortifiés du Languedoc.

Ce que l'on peut encore voir aujourd'hui

Même si l'enceinte n'est plus complète, plusieurs éléments permettent encore de lire le village médiéval :

  • le plan circulaire de la circulade, parfaitement conservé ;

  • des murs de maisons reposant sur l'ancien rempart ;

  • la Porte Aguière (Porta Aquaria) ;

  • le relief de la Motte, où devait se trouver le premier habitat seigneurial.

L'ensemble constitue un témoignage remarquable de l'urbanisme médiéval du Razès.



E n 2013, la commune comptait 265  habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du xxie siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année.

Cliquer sur le lien

 

HHabitat gallo-romain à Cailhau